
Le tribunal judiciaire de Paris a infligé un coup dur à Éric Zemmour ce vendredi : une condamnation pour contrefaçon de droit d’auteur, assortie de 45 000 euros de dommages et intérêts, pour avoir diffusé sans autorisation des extraits du documentaire Le Collège d’à côté sur les réseaux sociaux de son parti Reconquête. L’obligation de publier un communiqué judiciaire sur ces mêmes plateformes scelle ce revers public et humiliant pour le leader d’extrême droite.
Du plaidoyer pour la tolérance à la rhétorique du “racisme anti-blanc”
Réalisation de Marc Aderghal et produit par Les Films de l’Œil sauvage, ce film de 56 minutes dépeint la rentrée scolaire dans deux collèges parisiens du 18e arrondissement : Berlioz, qualifié de “ghetto”, et Coysevox, plus favorisé. L’objectif ? Recréer une mixité sociale forcée pour déconstruire les préjugés racistes et promouvoir la tolérance, en suivant des élèves comme Hasna, Adil ou Clémence face à leurs différences.
Zemmour en a détourné des interviews d’adolescents pour appuyer sa thèse controversée d’un “racisme anti-blanc”, vidant l’œuvre de sa substance éducative au profit d’un message politique clivant. Le tribunal a vu clair dans ce montage décontextualisé, violant non seulement les droits patrimoniaux du réalisateur et de la Scam, mais aussi le droit moral des auteurs.
Analyse : un boomerang judiciaire et médiatique pour l’extrême droite
Cette affaire n’est pas anodine. Elle expose les limites de la “liberté d’expression” quand elle frôle la manipulation pure : transformer un outil de cohésion sociale en arme idéologique, en pillant le travail d’autrui, revient à banaliser la contrefaçon au nom de la politique. Pour Zemmour, multirécidiviste des tribunaux – condamné récemment pour provocation à la haine ou enquêtes sur les financements de Reconquête –, c’est un signal alarmant : la justice française ne tolère plus les raccourcis populistes au détriment des créateurs.
Sur le plan médiatique, cela questionne l’ère des réseaux sociaux, où les algorithmes amplifient les contenus volés sans filtre. En Belgique et en Europe, où les débats sur l’immigration et l’identité font rage, cette décision rappelle que la déconstruction des stéréotypes – loin d’être un “wokisme” fantasmé – est un rempart contre les discours haineux. Pour Le Chérifien, c’est une victoire symbolique pour la presse et les indépendants face aux géants numériques et politiques.
Zemmour paiera-t-il comptant, ou Reconquête en fera-t-elle un martyr ? L’histoire judiciaire du parti penche pour la seconde option, mais le précédent est posé : la tolérance ne se pirate pas.





